Ce musée, reconnu comme référence internationale, abrite des pièces et archives d’une valeur inestimable pour la Syldavie, témoignant des épisodes et figures qui ont contribué à façonner notre mémoire collective et à renforcer l’image de notre Royaume à l’étranger.

Parmi les pièces et thèmes examinés :

Affinités siamoises

Réalisées à l’aquarelle et à l’encre, ces études du chat siamois Thaïke, compagnon personnel de l’artiste, témoignent d’une affection réciproque qui influença subtilement la représentation des félins dans plusieurs planches. Si Hergé reconnaissait préférer les chats aux chiens, il n’en fit pas moins de Milou l’indéfectible compagnon de Tintin. Ce témoignage artistique rappelle également les liens anciens entre l’un des plus grands amis de la Syldavie et la Thaïlande, bien avant l’ouverture de notre poste consulaire à Bangkok.

Études à l'aquarelle et à l'encre de Thaïke, le chat siamois d'Hergé
Thaïke, chat siamois de Georges Remi

Le sauvetage du Sceptre

Parue en une du Petit Vingtième du 11 mai 1939, cette illustration marqua durablement l’imaginaire collectif. Elle immortalise l’épisode décisif du sauvetage du Sceptre d’Ottokar, événement désormais inscrit parmi les pages les plus mémorables de la crise de 1938 avec la Bordurie.

Dessin original de couverture du Petit Vingtième du 11 mai 1939, montrant le sauvetage du Sceptre d'Ottokar
Encre de Chine et crayon sur papier à dessin (11/05/1939)

Inspirations venues d’ailleurs

À une époque où notre Royaume demeurait difficile d’accès, l'auteur-illustrateur dut s’appuyer sur des références issues d’autres cultures pour en restituer l’atmosphère avec authenticité. Ainsi, l’architecture, les costumes traditionnels et certains accessoires tels que le samovar empruntent à des modèles albanais, tandis que la richesse ornementale de plusieurs scènes s’inspire de l’art persan. Ces influences se retrouvent notamment dans la célèbre Bataille de Zileheroum et dans la représentation des villages syldaves.

Pièce d'exposition montrant les influences albanaises et persanes dans l'imagerie syldave
Inspirations albanaises et persanes
Dessin original représentant la bataille de Zileheroum, épisode de l'histoire syldave
Bataille de Zileheroum

L’appareil photo qui faillit coûter le royaume

Présenté dans son état originel, l’appareil photo de Czarlitz, rare modèle à déclenchement flexible, fut l’instrument central du vol du Sceptre. Lors de la publication en feuilleton du rapport d’enquête, le public fut discrètement invité à formuler des hypothèses sur le procédé utilisé. Bien que les services secrets syldaves eussent déjà identifié le stratagème, un dispositif photographique habilement modifié, ces contributions contribuèrent à affiner le récit officiel et à entretenir, jusqu’au dénouement, un flou tactique destiné à déjouer d’éventuels imitateurs. L’examen de cet engin diabolique provoqua au sein de la délégation un mélange d’admiration contrainte et de franche indignation.

L'appareil photo truqué de Czarlitz, qui a servi au vol du Sceptre d'Ottokar
Appareil photo de Czarlitz, utilisé lors du vol du Sceptre royal

De la une aux cases

Hergé sut transposer dans son œuvre des figures réelles qui défrayaient la chronique internationale. L’affaire des faux-monnayeurs dans L’Île Noire reflète ainsi, avec un réalisme transposé, certaines opérations clandestines observées dans l’Europe des années 1930. De même, le marchand de canons Basile Bazaroff de L’Oreille cassée s’inspire du personnage authentique de Basile Zaharoff, industriel richissime à la tête de la Vickers Armstrong, fournisseur d’armes aux nations rivales et figure influente des coulisses diplomatiques européennes. Toujours vêtu de sa gabardine, de son chapeau cloche et muni de sa canne, Zaharoff vendit notamment le premier sous-marin fabriqué au gouvernement grec dans les années 1930. Dans l’album, le dessinateur le met en scène incitant le San Théodoros et le Nuevo Rico à s’armer l’un contre l’autre, illustrant avec un réalisme satirique les dynamiques d’alliances changeantes et de stratégies d’approvisionnement militaire qui ne sont pas sans rappeler certains épisodes de l’histoire syldave.

Page de la publication illustrée Les Nouvelles Aventures de Tintin en Syldavie
Les nouvelles aventures de Tintin en Syldavie

Les racines orientales de la ligne claire

L’influence de l’art oriental sur la ligne claire est également abordée dans le parcours muséal. Cette précision graphique, devenue indissociable du récit syldave, doit beaucoup aux principes esthétiques que le conteur découvrit grâce à Tchang Tchong-jen (Zhang Chongren 张充仁), artiste et sculpteur chinois rencontré à Bruxelles en 1934 lors de la préparation du Lotus Bleu. Tchang initia Hergé à la calligraphie, à la peinture chinoise et aux arts traditionnels, l’encourageant à représenter les décors et personnages asiatiques avec exactitude et respect. Inspiré par les compositions épurées et le trait sans ombre des estampes d’Extrême-Orient, l’auteur adapta ces principes aux paysages, aux architectures et aux scènes historiques de la Syldavie, offrant ainsi une image claire, équilibrée et immédiatement reconnaissable de notre Royaume. Pour parvenir à une homogénéité parfaite, il utilisa notamment la plume Gillott’s Inqueduct G-23, en acier inoxydable, dotée d’un petit réservoir intégré. Rarissime dès les années 1940, cette plume presque inusable permettait d’obtenir un tracé d’épaisseur constante, sans variation, conformément à l’exigence esthétique qui caractérise la ligne claire.

Dessin à l'encre de Chine et à la gouache sur papier du Palais royal de Klow, 1947
Encre de Chine et gouache sur papier à dessin

Prestance royale à l’écran et sur papier

Certaines représentations officielles de Muskar XII présentent une proximité frappante avec des sources visuelles issues du cinéma international. Les archives iconographiques font notamment apparaître un lien avec une photographie publicitaire de l’acteur britannique Ronald Colman, incarnant le roi Rudolph V de Ruritanie dans Le Prisonnier de Zenda (John Cromwell, 1937), œuvre phare du genre de la romance ruritanienne. Ce rapprochement illustre comment l’auteur sut puiser dans cette imagerie contemporaine pour magnifier la figure du souverain syldave et lui donner une portée universelle, tout en inscrivant son récit dans une tradition d’aventures princières et d’intrigues de cour. Contrairement à la Ruritanie, pur produit de fiction, la Syldavie demeure, elle, bien réelle.

Fidèle à son goût pour brouiller les pistes, Hergé confia que, lorsqu’il fit figurer le roi Ottokar dans son récit, il se réjouit que « tout le monde pense qu’il s’agissait d’un simple calembour, alors que ce n’en était pas un ». Il releva aussi qu’on venait alors de retrouver le globe et la Couronne syldave du roi Ottokar II de Bohême. En donnant une visibilité internationale à un nom déjà familier en Syldavie, il contribua à tisser des résonances entre faits historiques et création graphique, renforçant ainsi l’aura du Royaume du Pélican noir auprès d’un large public.

Ronald Colman dans le rôle du roi Rudolph V de Ruritanie, référence visuelle pour le portrait de Muskar XII
Ronald Colman costumé en roi Rudolph V de Ruritanie pour le film Le prisonnier de Zenda (1937)
Dessin original du défilé du Jour du Sceptre en Syldavie
Parade lors du Jour du Sceptre

Un témoignage de la renommée mondiale de la Syldavie

Cette visite officielle a été saluée par le Consul comme « un témoignage éclatant du rayonnement mondial de la Syldavie, rendu possible par l’extraordinaire travail de documentation de Hergé qui, à une époque où notre petit Royaume demeurait difficile d’accès, sut en restituer avec une précision remarquable l’histoire, les paysages et l’âme même, touchant ainsi des millions de lecteurs à travers le monde ».

Présentoir d'albums de Tintin traduits en de nombreuses langues
Les Aventures de Tintin se sont écoulées à plus de 270 millions d’exemplaires à travers le monde et ont été traduites en plus de 110 langues et dialectes.

Mercantilisme débridé

À titre personnel, le Consul a reconnu avoir « succombé aux sirènes du mercantilisme idolâtre » en procédant à l’acquisition de dispendieuses reliques muséales (une figurine et plusieurs ouvrages) qui rejoindront la collection privée de la Chancellerie où elles seront dûment inventoriées et conservées pour consultation et inspiration.

Compte tenu de ces dépenses somptuaires et afin de préserver l’équilibre budgétaire, le Consulat se voit dans l’obligation d’informer le public qu’il sera procédé à une augmentation du nombre de réclames mercantiles (« bannières ») figurant sur le présent site. Par ailleurs, certains articles pourront comporter, de manière dûment signalée, des placements produits insérés à titre informatif et promotionnel.

Vitrine présentant une réplique du Sceptre d'Ottokar parmi des objets liés à Tintin
Réplique du Sceptre du roi Ottokar parmi les artefacts culturels

Crédits photo : toutes les images ont été prises par la délégation consulaire lors de la mission officielle au Musée Hergé