Château de Kropow Garde du Trésor royal

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Description Le Sceptre d’Ottokar

Verge d’or sertie de pierres et sommée du pélican couronné, signe suprême de la royauté syldave depuis Ottokar IV : sans lui, nul roi ne peut régner.

Longueur
69,6 cm
Envergure
16,8 cm
Diamètre de la hampe
2,6 cm
Poids
1 023 g
Sommet
Un pélican couronné aux ailes déployées
Bagues supérieures
Deux, l’une au-dessus de l’autre, sous le sommet, serties chacune de six pierres
Hampe
Or, en sections assemblées sous les bagues, sur le modèle bohémien
Bague médiane
À mi-hauteur de la hampe, sertie de six pierres
Bague du pied
Au pied, sertie de six pierres
Pierres
Vingt-quatre, six par bague : rubis, saphirs, émeraudes et hyacinthes, taillés en cabochon, en serti clos
Signe de la royauté
Depuis Ottokar IV (1360–1389)
Conservé
Dans la salle du Trésor, au donjon du château de Kropow
Modèle numérique
GuanaBananas, MakerWorld · CC BY-SA, adapté
Modèle en trois dimensions du Sceptre d’Ottokar.

Le Sceptre

En Syldavie, ce n'est pas la couronne qui fait le roi. La couronne reste dans sa vitrine à Kropow ; c'est le Sceptre d'Ottokar que le Roi présente à son peuple chaque 15 juillet. Le pélican noir des armes du Royaume porte souvent, lui aussi, un sceptre dans sa serre.

Pour tant d'autorité, c'est un objet léger : environ un kilo d'or, fait de sections assemblées sous ses bagues serties de pierres. Assez léger pour être porté toute une matinée dans les rues de Klow ; assez lourd pour terrasser un homme, comme un baron l'apprit à ses dépens.

Le coup de sceptre 1360–1389

La tradition syldave tient Ottokar IV, monté sur le trône en 1360, pour le véritable fondateur du Royaume. Les chroniques royales lui attribuent une armée puissante, la fin du pouvoir des barons et la sécurité à la faveur de laquelle prospérèrent les arts, les lettres, le commerce et l'agriculture du pays.

Les Hauts faits d'Ottokar IV, un manuscrit enluminé du XIVe siècle, racontent qu'un jour le baron Staszrvitch, fils d'un seigneur dépossédé, se présenta devant le Roi, revendiqua le trône et le somma de lui remettre son sceptre. Ottokar se leva et lui répondit en syldave :

Kzommetz pakkeh!
Ottokar IV au baron Staszrvitch : « Viens le prendre ! »

Le baron tira son épée et se précipita sur lui. Le Roi l'évita d'un bond de côté et, comme le baron passait devant lui, emporté par son élan, Ottokar le frappa à la tête d'un coup de sceptre et l'étendit à ses pieds. Il prononça alors les mots devenus la devise de la Syldavie : « Eih bennek, eih blavek », « Qui s'y frotte s'y pique ».

Le manuscrit ouvert sur des cales de mousse grise dans une réserve de bibliothèque, vu de biais, une serpente sur la page de gauche : à droite, une miniature peinte où le roi Ottokar IV, couronné, tient le sceptre, le baron Staszrvitch gît frappé sur un sol carrelé, son épée à côté de lui, et une banderole porte eih bennek eih blavek ; en dessous, des lignes d'écriture syldave entourées de fleurs peintes
Ottokar IV terrasse le baron Staszrvitch d'un coup de sceptre, dans les Hauts faits d'Ottokar IV

Se tournant vers sa cour épouvantée, il ajouta : « Honni soit qui mal y pense ! »

Le sceptre avait sauvé la vie du Roi, et Ottokar s'adressa à lui devant la cour :

Ô sceptre ! tu m'as sauvé la vie. Sois donc désormais le signe suprême de la royauté syldave. Malheur au roi qui te perdra, car, je le proclame, celui-là ne serait plus digne de régner.
Ottokar IV à son sceptre

Depuis ce jour, chaque successeur d'Ottokar IV le porte à travers la capitale le jour de la Saint-Wladimir, et le peuple chante sur son passage :

Syldave, réjouis-toi !
Ce roi est notre roi :
Son sceptre en fait foi.
L'hymne, chanté au passage du Roi

La devise court aussi autour du sceau du Roi, l'un des rares sceaux des rois médiévaux de Syldavie à nous être parvenus.

Les chroniques rapportent qu'Ottokar IV tomba en 1389 à Kosovo Polje, fait prisonnier et décapité sur l'ordre du sultan Bajazet. Le sceptre lui survécut.

Kropow et la Garde du Trésor depuis 1699

C'est Muskar VII (1699-1741) qui fit du château de Kropow le lieu de garde des insignes royaux. Le château était déjà le plus ancien sanctuaire du Royaume : ses premières pierres sont celles de la chapelle qu'y laissa l'empereur Justinien au VIe siècle, et depuis Muskar Ier il conserve la relique de saint Wladimir, qui ne quitte le château qu'à la veille de sa fête.

Muskar VII confia la garde des symboles de la Couronne aux anciens janissaires, qui avaient par deux fois aidé le pays à conquérir son indépendance. Ils échangèrent l'ak börk contre un kalpak syldave frappé du pélican, et leur uniforme prit sa forme définitive au XIXe siècle, sous l'influence de la tenue des hussards.

Deux gardes du Trésor en tunique rouge à brandebourgs, ceinture bleue et kalpak blanc à plumet rouge, hallebarde à la main, encadrent la vitrine dorée où reposent la couronne et le sceptre d'Ottokar, sur une estrade de velours rouge
Deux hommes de la Garde du Trésor en faction près de la vitrine, au donjon du château de Kropow

Les insignes royaux sont conservés dans le donjon, la tour carrée au centre du château, dans la salle du Trésor. Les Archives royales se consultent dans la salle voisine. L'accès à l'une comme à l'autre est un privilège rarement accordé à un étranger et exige un document revêtu de la signature royale ; les visiteurs y sont enfermés avec deux gardes, et nul ne peut photographier les documents, sauf le photographe officiel de la Cour.

La salle, ornée de fresques, n'a qu'une porte, surveillée par deux sentinelles, et qu'une fenêtre, garnie de barreaux, qui donne sur la cour gardée et, par-delà les remparts, sur le fleuve et un bois de bouleaux.

La crise de succession 1937–1938

Muskar XI mourut en 1937, peu après son héritier. Le prince héritier Viktor avait trouvé la mort au Grand Prix automobile d'Angoulême, et la Couronne passa à son frère cadet, Muskar XII, quarante-trois ans, que rien n'avait préparé au trône (la vie de Muskar XII).

La Bordurie, désormais alignée sur les régimes autoritaires qui gagnaient du terrain en Europe, entendait profiter de l'incertitude de la succession. Le premier candidat soutenu par la Bordurie fut un lointain cousin des rois de Syldavie, le prince Karamellovitch, qui vivait en exil sur son territoire. Il tenta de s'emparer du Sceptre d'Ottokar pour revendiquer le trône, avec en vue, on l'apprit plus tard, les gisements miniers du Royaume. La tentative échoua.

La seconde tentative vint l'année suivante et fut préparée à une autre échelle. Son auteur était un Syldave, Müsstler, chef de la Garde d'acier, sous le couvert de laquelle ses membres formaient le Z.Z.R.K., le Zyldav Zentral Revolutzionär Komitzät. Ses buts : la chute de la monarchie et le rattachement de la Syldavie à la Bordurie.

Leur plan reposait tout entier sur le sceptre. Volé quelques jours avant la fête, il ne laisserait au Roi que deux issues, abdiquer ou affronter son peuple sans lui, et l'une comme l'autre ouvrirait la voie au coup d'État. Le complot avait des amis près du trône, parmi lesquels l'aide de camp du Roi lui-même, le colonel Boris Jorgen, et des officiers de la gendarmerie. Il avait aussi des agents en Belgique. À Bruxelles, le sigillographe Nestor Halambique, qui avait découvert par hasard à Prague le sceau d'Ottokar IV, s'apprêtait à partir pour Klow étudier les Archives royales.

Un sceau rond de cire rouge pendant à une bande de parchemin, présenté dans une vitrine : un pélican couronné se tient derrière un petit écu à la bande, et une légende court sur le pourtour
Le sceau d'Ottokar IV, la devise « Eih bennek, eih blavek » sur son pourtour

Vers la Syldavie 7–9 juillet 1938

Tintin, un jeune reporter belge qui avait fait la connaissance du professeur en lui rapportant une serviette oubliée sur un banc, était déjà sur la piste des conjurés. Le 7 juillet, revenu chercher un livre chez le professeur, il entendit derrière une porte de l'immeuble un homme dire qu'ils connaissaient son nom et qu'il leur fallait sa photographie. Il le suivit jusqu'au Klow, un restaurant syldave de Bruxelles, où il surprit leur conversation : ils attendaient que le professeur ait reçu ses papiers de l'ambassade avant d'agir. Un avertissement lui enjoignant de se mêler de ses affaires acheva de piquer sa curiosité. Il accepta de faire office de secrétaire auprès du professeur et de l'accompagner en Syldavie. À la veille du départ, il entendit le professeur appeler au secours au téléphone, et le trouva quelques minutes plus tard en train de faire tranquillement sa valise.

Le 9 juillet, Tintin et son chien Milou s'envolèrent avec le professeur. Dans l'avion, les indices s'accumulèrent : le savant myope, sans ses lunettes, distinguait un troupeau de moutons du haut des airs, et il n'avait plus fumé une seule cigarette depuis qu'il avait fait sa valise. Ce ne pouvait pas être le professeur. À Prague, feignant de trébucher, Tintin lui tira la barbe pour le démasquer : elle était bien réelle. Tintin ne comprenait plus.

Un avion spécial les attendait pour Klow. Peu après la frontière syldave, le pilote ouvrit une trappe sous le siège de Tintin, qui fut précipité dans le vide avec lui. Tintin saisit le parachute fixé sous le siège, mais n'eut pas le temps de s'y attacher : à l'ouverture, le choc le lui arracha des mains, et c'est Milou qui descendit sous la corolle. Tintin, lui, s'écrasa dans une charrette de foin tirée par des bœufs, et s'en tira vivant. C'est ainsi qu'il entra en Syldavie.

Vers Kropow 9–10 juillet 1938

Le faux professeur se présenta à Klow, muni d'une lettre d'introduction de l'ambassadeur de Syldavie, et obtint l'autorisation d'étudier les Archives royales à Kropow. Lors de sa première visite, un garde, en l'introduisant dans la salle du Trésor, lui assura que l'homme capable de voler le sceptre n'était pas encore né. Le professeur demanda également à photographier des documents. Un seul homme en avait le droit : le photographe officiel de la Cour, Czarlitz. Ordre lui fut donné d'accompagner le professeur au château.

Tintin, lui, avait compris ce que visaient les conjurés : voler le sceptre, pour contraindre le Roi à abdiquer. Il passa les jours suivants à tenter de joindre le Roi pour l'avertir. Sur la route de Klow, la cantatrice Bianca Castafiore, de la Scala de Milan, le prit dans sa voiture ; il la quitta plutôt que d'entendre un second air, et fut arrêté par les gendarmes de Zlip, où il l'entendit de nouveau le soir même, à la radio, depuis sa cellule. Il leur échappa. Le soir du 10 juillet, il parvint même jusqu'au Palais royal de Klow, en pleine réception, en passant à travers un vitrage de la serre pendant que la Castafiore chantait, mais le colonel Boris le fit passer pour « un jeune anarchiste qui avait réussi à s'introduire au Palais », et il fut arrêté une seconde fois.

11 juillet 1938, entre neuf et dix heures

Le château de Kropow de l'autre côté d'une large rivière, vu de la rive opposée à travers des bouleaux : le haut donjon carré, des tours à coupole et des tours rondes devant lui, des remparts crénelés le long de l'eau et des montagnes boisées derrière ; au premier plan, une barque vide au bord de la berge
Le château de Kropow vu de l'autre rive ; la salle du Trésor est tout en haut du donjon

Vers neuf heures du matin, le faux professeur et Czarlitz entrèrent dans la salle du Trésor avec le capitaine des gardes et deux de ses hommes. Ils demandèrent à photographier la couronne et le sceptre. La lumière était insuffisante ; Czarlitz annonça qu'il faudrait travailler au magnésium. L'éclair emplit la salle d'une épaisse fumée. Les cinq hommes se mirent à suffoquer.

Au même moment, Tintin venait d'échapper une seconde fois à ses gardiens. Il se jeta devant la voiture royale. Le colonel Boris le désigna comme « le jeune anarchiste ». Le Roi sortit son pistolet.

Ne tirez pas, Sire !… Écoutez-moi !… Je ne suis pas un anarchiste !… Je voulais vous mettre en garde… Sire, en ce moment peut-être, des misérables essayent de voler votre sceptre !
Tintin au Roi, 11 juillet 1938

Muskar XII renvoya Boris au Palais avec ordre d'y attendre ses instructions et partit lui-même pour Kropow avec Tintin. Ils arrivèrent quelques minutes trop tard. La porte de la salle du Trésor était fermée à clé et personne ne répondait. Quand on eut apporté d'autres clés, les cinq hommes gisaient sans connaissance sur le sol. Aucun ne revint à lui avant le lendemain matin.

La couronne était toujours dans sa vitrine. Le sceptre avait disparu.

Les recherches furent minutieuses. On démonta les hallebardes des gardes, on examina le trépied et on sonda les murs à la recherche d'un passage secret. Les sentinelles postées à l'unique porte n'avaient vu sortir personne.

Une ancienne photographie de la salle du Trésor : la vitrine dorée sous son baldaquin, la couronne à l'intérieur, un appareil photo sur son trépied contre le mur du fond, sous de grandes figures peintes ; deux hommes coiffés d'un fez fouillent accroupis le dallage en damier parmi de petits objets épars, un officier en képi blanc, sabre au côté, tâte le mur près d'une colonne, et des gardes coiffés de plumets, hallebarde en main, se tiennent à la double porte ouverte
La fouille de la salle du Trésor après le vol

Quatre jours 12–15 juillet 1938

Dès qu'ils revinrent à eux, le 12 au matin, le faux professeur et Czarlitz furent conduits à la prison d'État. Ils s'en évadèrent le jour même, avec l'aide de quatre gardiens. La Saint-Wladimir tombait le 15.

Le maréchal de la Cour avait fait appel à deux détectives belges, Dupond et Dupont, que Tintin connaissait de Bruxelles. Leur première hypothèse était simple : l'une des personnes présentes dans la salle avait pu laisser tomber le sceptre par la fenêtre à un complice posté dans la cour, ou le lancer par-dessus les remparts. Elle ne résista pas aux faits. La cour était surveillée, les remparts se trouvaient à au moins cent mètres de la fenêtre et celle-ci était garnie de barreaux. Les deux détectives tentèrent néanmoins l'expérience avec une canne. Elle rebondit sur les barreaux.

Une ancienne photographie prise de dos : deux hommes en chapeau melon et long manteau, appuyés sur leur canne, regardent par une haute fenêtre à barreaux aux vitraux losangés ouverts, l'un montrant du doigt, au-dehors, une flèche pointue et des toits ; derrière eux se tient un garde en haut shako à plumet, veste brodée, culotte blanche et bottes, sabre au côté ; des figures peintes sur les murs de part et d'autre, un dallage en damier
Dupond et Dupont à la fenêtre à barreaux de la salle du Trésor

C'est Tintin qui trouva la réponse, dans un magasin de jouets où était exposé un petit canon à ressort. Il retourna en courant à Kropow et entra le premier dans la salle du Trésor. On l'y retrouva assommé : un ressort caché dans l'appareil de Czarlitz lui avait sauté au visage. Revenu à lui, il en fit la démonstration devant un capitaine de la garde. Il remit le ressort en place, y chargea la canne des détectives, plaça l'appareil devant la fenêtre et pressa le déclic. La canne passa entre les barreaux, par-dessus les remparts et le fleuve, et tomba dans le bois d'en face.

Les hommes des conjurés fouillaient ce bois depuis plus d'un jour : Czarlitz avait manqué le bouquet de bouleaux convenu au bord du fleuve. Ils trouvèrent le sceptre dans l'après-midi ; Tintin tenta de le leur reprendre, mais ils filèrent vers la frontière bordure. Le Roi, arrivé par le pont, prêta sa propre voiture, l'A-11, à Tintin et aux deux détectives pour la poursuite. Tintin suivit les voleurs dans les montagnes et récupéra le sceptre à l'aube du 13 juillet, au poste frontière même : dévalant la pente dans un éboulis, il retomba sur le dernier homme qui le portait, à quelques pas du poteau. Affamé, il passa en Bordurie chercher à manger et y fut pris en chasse. Il n'en sortit que le soir du 14, aux commandes d'un chasseur bordure dérobé sur un terrain d'aviation militaire ; abattu par la DCA syldave, il sauta en parachute à quelque vingt-cinq kilomètres de la capitale, le sceptre toujours dans sa poche.

Cette nuit-là, le Premier ministre avertit le Roi qu'il serait dangereux de paraître devant la foule sans le sceptre. Muskar XII répondit qu'il n'y aurait pas d'effusion de sang : il abdiquerait. Le 15, jour même de la Saint-Wladimir, à une heure et demie du matin, Tintin atteignit le Palais à pied et s'aperçut que le sceptre était tombé de sa poche en chemin. Milou le rapporta. Tintin remit alors au Roi les papiers qu'il avait trouvés sur le voleur, à la frontière.

Parmi eux se trouvaient deux ordres secrets signés par Müsstler, adressés tous deux aux commandants des sections de choc et intitulés « Prise du pouvoir ». Le premier, Z.Z.R.K. 1239, lançait à la veille de la Saint-Wladimir des agents provocateurs chargés de fomenter des incidents au cours desquels des ressortissants bordures seraient molestés ; le jour de la fête, à midi, heure H, les sections de choc devaient occuper Radio Klow, le champ d'aviation, la centrale électrique, l'usine à gaz, les banques, la poste centrale, le Palais royal et le château de Kropow. Le second, 1240, donnait le signal : Müsstler lancerait un appel à la radio dès que Radio Klow serait tombée, puis les troupes motorisées bordures franchiraient la frontière et arriveraient à Klow vers 17 heures. Müsstler y suivait à la lettre la leçon de Technique du coup d'État de Curzio Malaparte (1931) : qu'on prenne la radio, la centrale électrique et la poste, et l'État tombe. Le Roi fit aussitôt arrêter Müsstler et ses complices, porter l'armée de campagne en position défensive à la frontière et occuper tous les points que les rebelles comptaient prendre.

Deux fiches bleues dactylographiées tenues par des mains gantées de blanc sur le support d'un dossier d'archives étiqueté Z.Z.R.K. 1239-1240 : les ordres secrets 1239 et 1240, intitulés Prise du pouvoir et adressés aux commandants des sections de choc, signés Müsstler
Les ordres Z.Z.R.K. 1239 et 1240, signés par Müsstler

La Journée du Sceptre 15 juillet 1938

Le canon tonna au lever du soleil, à cinq heures et quart, pour la Saint-Wladimir. Le cortège quitta le Palais peu après. Muskar XII avait pris place, tête nue, dans le carrosse royal, le Sceptre d'Ottokar à la main, et la foule l'acclama et chanta l'hymne. Toute la matinée, le carrosse traversa Klow. Midi, l'heure fixée par Müsstler pour le coup d'État, passa sans son appel à la radio.

De retour au Palais, le Roi fut rappelé au balcon à maintes reprises. Puis, dans la salle du Trône, il fit Tintin chevalier de l'ordre du Pélican d'Or, avec le plein accord de ses ministres. C'était la première fois que l'ordre était décerné à un étranger. On prêta plus tard au Roi ce mot : son pays avait été sauvé deux fois par des étrangers, et au moins une fois par un chien.

Photographie sépia d'une salle du palais : le Roi en uniforme et la Reine, diadème en tête, sont assis sur des trônes dorés sous une haute bannière au pélican noir aux ailes déployées, surmontée d'une couronne, la couronne posée sur un guéridon à leurs côtés et des gardes en kalpak à plumet de part et d'autre ; à droite, un officier en écharpe lit une feuille, un jeune homme se tient devant l'estrade, de dos, et des courtisans emplissent le premier plan
La citation pour l'ordre du Pélican d'Or est lue devant le Roi au Palais royal de Klow

L'enquête juillet 1938

Quelques jours plus tard, le ministre de l'Intérieur exposa les conclusions de l'enquête. Müsstler avait été arrêté avec la plupart de ses complices, et le faux professeur avec eux. C'était Alfred Halambique, le frère jumeau du professeur — d'où la barbe. Le vrai Nestor Halambique avait été retrouvé vivant, enfermé dans une cave.

Sur l'imposteur, la police avait trouvé un aide-mémoire soigneusement établi : une photographie et quelques renseignements sur chacune des personnes que fréquentait son frère, afin qu'Alfred puisse les reconnaître sans hésiter. Tintin y figurait. Sporowitch l'avait photographié à son insu dans l'escalier du professeur, le 7 juillet, avec l'appareil dissimulé dans sa montre.

Le dossier permit aussi d'identifier plusieurs membres du réseau : Trovik, qui tenait le téléphone du Comité central ; Wizskizsek, qui relayait ses ordres ; Sirov et Zlop, les hommes de l'embuscade dans la forêt ; le commandant Sprbodj, de la gendarmerie de Zlip ; et Sporowitch, chargé de surveiller Tintin à Bruxelles.

La Bordurie annonça que, pour affirmer sa volonté de paix, elle retirait ses troupes à vingt kilomètres de la frontière.

Pour établir comment le sceptre avait quitté la salle, les enquêteurs du ministère de l'Intérieur refirent le tir de Tintin dans la salle du Trésor, avec l'appareil de Czarlitz, son ressort encore dans le tube de l'objectif. Ils placèrent un bâton dans le dispositif à ressort et le tirèrent à travers les barreaux de la fenêtre, essai après essai, pour voir s'il porterait jusqu'à l'autre rive du fleuve. Chaque essai fut photographié, et le château fut relevé du donjon jusqu'au bois.

Planche-contact de six images en noir et blanc prises à une fenêtre à barreaux dans le mur de pierre du donjon, un dôme à lanterne à l'arrière-plan : une main passe entre les barreaux, puis un bâton fourchu est tendu et lancé, et s'envole loin du mur
La reconstitution de l'enquête avec l'appareil de Czarlitz : un bâton tiré à maintes reprises à travers les barreaux de la fenêtre de la salle du Trésor, chaque tir sur sa propre vue
Château de Kropow Garde du Trésor royal

Salle du Trésor · 11/07/38

Une porte, une fenêtre

La porte était gardée et personne n’en est sorti. Le sceptre est parti par la fenêtre : entre les barreaux, par-dessus les coupoles, les remparts et la rivière.

Salle du Trésor Remparts au moins 100 m Rivière Bouquet de bouleaux point de récupération prévu Le bois La salle du Trésor Porte, deux sentinelles Couronne et sceptre Fenêtre
Méthode des essais

Établi par l’enquête : le ressort dans le tube de l’objectif de l’appareil de Czarlitz ; l’unique fenêtre à barreaux ; la chute du sceptre dans le bois au-delà des bouleaux, que les conjurés fouillèrent plus d’une journée.

Supposé par la reconstitution : les distances, tirées du relevé et approximatives ; la force du ressort ; le vent, faute de relevé météorologique pour la matinée du 11 juillet : il change d’un essai à l’autre.

Non établi : l’angle et la force du tir de Czarlitz lui-même. Le tir proposé par la reconstitution n’est qu’un réglage parmi d’autres qui aboutissent au même point de chute.

1° Distances. Les enquêteurs ont retenu 100 m entre la fenêtre de la salle du Trésor et les remparts, minimum consigné au relevé. Les autres distances et les hauteurs sont portées à titre indicatif. L’écart de chaque essai a été mesuré jusqu’à la lisière la plus proche du bouquet de bouleaux.

2° Le Sceptre. Ses dimensions et sa prise au vent ont été relevées sur le Sceptre lui-même : 69,6 cm de longueur, 1 023 g. Chargé dans l’appareil, il en sort sommet en avant.

3° Air. La masse volumique de l’air (1,225 kg/m³) et le coefficient de traînée (1) ont été admis, faute de mesure. Après un choc, le Sceptre est réputé basculer.

4° Chocs. Pour les toits et les murs, les enquêteurs ont admis un coefficient de restitution de 0,2 et un coefficient de frottement de 0,3.

5° Réserves. Chaque essai s’arrête au contact du sol ou de l’eau. N’ont pu être déterminés : la rotation proprement dite, le glissement, le roulement, les déformations, le jeu du mécanisme et le passage entre les barreaux.

6° Tir de Czarlitz. Le tir à 45° et 1 300 J, par vent nul, reproduit le point de chute constaté ; les réglages de Czarlitz lui-même n’ont pu être établis.

Relevé de l’enquête, ministère de l’Intérieur, juillet 1938. Reconstitution d’après les conclusions de l’enquête ; distances approximatives.

L'adaptation d'Hergé 1938–1947

Trois semaines après la fête, le 4 août 1938, le dessinateur belge Hergé commença à raconter l'histoire dans Le Petit Vingtième, à raison de deux pages par semaine jusqu'au 10 août 1939. Le journal tenait ses jeunes lecteurs en haleine : le 30 mars 1939, il demandait en couverture « Le sceptre d'Ottokar IV sera-t-il volé ? », et la réponse se trouvait dans le même numéro. Réuni en album en 1939, Le Sceptre d'Ottokar est de loin le récit le plus connu de l'affaire. La plupart des lecteurs étrangers ont découvert le sceptre dans les pages de la brochure touristique qu'Hergé y reproduisit, et Muskar XII devint le premier souverain syldave connu d'un large public. Comme l'album parut en 1939, l'affaire est encore souvent datée de cette année-là.

Hergé a resserré l'affaire et l'a racontée sur le mode comique. Pour les deux détectives, il n'a guère eu à forcer le trait : leur théorie, on l'a vu, ne résista pas aux faits.

Sa documentation était mince au départ : il travaillait d'après des livres, des revues, des photographies et des films, et la collection de sceaux du professeur, par exemple, reprend une planche du Larousse pour tous. Ses carnets montrent qu'il ne savait pas encore à quoi ressemblait le sceptre. Il imagina d'abord que son extrémité servirait de sceau royal, et il hésita pour son ornement entre une main de justice, un oiseau de proie et une tête de renard, qu'aucun garde du Trésor n'aurait reconnus. Dans les planches de 1939, le sommet est une tête de pélican couronnée, et les gardes de Kropow portent une tenue proche de celle des Yeomen Warders de la Tour de Londres. Les lecteurs qui connaissent la Finlande l'auront remarqué : son Kropow ressemble beaucoup au château d'Olavinlinna.

Quand il redessina l'album en couleurs pour l'édition de 1947, avec Edgar P. Jacobs, Hergé disposait d'une documentation plus complète. Le pélican déploie désormais ses ailes, comme sur le sceptre lui-même.

Trois dessins côte à côte : des croquis au crayon de têtes de sceptre (une tête de renard, une main levée, une tête d'oiseau) sur papier jauni ; un sceptre en noir et blanc surmonté d'une tête de pélican couronnée ; et un sceptre d'or surmonté d'un pélican couronné aux ailes levées, sur fond rouge
Le sceptre tel qu'Hergé l'a dessiné : études de carnet, planches de 1939, album en couleurs de 1947
Dessin à l'encre d'Hergé pour une couverture du Petit Vingtième : Milou court dans un bois, le sceptre dans la gueule, poursuivi par un homme furieux
Milou et le sceptre : le dessin d'Hergé pour la couverture du Petit Vingtième du 11 mai 1939, quand le pélican n'avait pas encore d'ailes

Jacobs « balkanisa » les costumes, ce qui rapprocha les gardes de la Garde du Trésor, sans aller jusqu'au bout. Kropow gagna une tour inspirée du château de Vyborg, et la salle du Trésor se couvrit de fresques, qu'Hergé emprunta à la tapisserie de Bayeux et aux mosaïques de Saint-Vital de Ravenne. Ses fresques ne tiennent pas en place : cinq personnages quand le faux professeur entre dans la salle, six quand il gît sur le sol, cinq de nouveau quand Tintin reçoit le ressort, l'un d'eux ayant entre-temps bougé la jambe. Les fresques de Kropow n'ont pas bougé.

Jacobs avait d'abord voulu chanter. Emmené à douze ans voir le Faust de Gounod, il étudia au Conservatoire royal de Bruxelles et fut second baryton à Lille avant de renoncer à la scène pour le dessin, une carrière qu'il qualifiera de « damnation ». Le créateur de Blake et Mortimer intitula ses mémoires Un opéra de papier. Dans l'album en couleurs, la montée de notes sur le « Ah ! » de l'Air des bijoux, que Bianca Castafiore chante d'après ce même Faust, est écrite comme dans la partition de Gounod ; les planches de 1939 semaient deux notes au hasard. C'était sa première apparition dans les pages d'Hergé, et loin d'être la dernière.

Pour le reste du Royaume, Hergé puisa librement dans les modèles à sa disposition. Le Palais royal de Klow ressemble assez à celui de Bruxelles pour qu'il ait pu le dessiner d'après des photographies de ce dernier, et il dessina le carrosse du Roi d'après le Gold State Coach des couronnements à Londres.

Dessin à l'encre d'Hergé du défilé de la Saint-Wladimir : le carrosse royal couronné, tiré par des chevaux, passe devant une foule en liesse, le Roi à l'intérieur tenant le sceptre
Le défilé de la Saint-Wladimir d'Hergé, dessin original
Un panneau de musée : une photographie publicitaire de Ronald Colman en manteau, une décoration au cou, une cigarette à la main ; à côté, le portrait à l'encre de Muskar XII par Hergé, en dolman de hussard à brandebourgs, écharpe en travers ; en dessous, une image du film, à la cour, et la case d'Hergé dans la salle de bal du Palais, où un officier dit au Roi : « C'est un jeune anarchiste… »
Ronald Colman en roi Rudolph V de Ruritanie, 1937, et le portrait officiel de Muskar XII par Hergé, 1938, côte à côte au Musée Hergé

Pour le Roi lui-même, Hergé se tourna vers le cinéma. Son portrait officiel de Muskar XII, paru dans Le Petit Vingtième le 24 novembre 1938, emprunte le visage de Ronald Colman sur une photographie publicitaire du Prisonnier de Zenda (John Cromwell, 1937), où l'acteur joue le roi Rudolph V de Ruritanie. Le Musée Hergé expose les deux côte à côte. La Ruritanie est le royaume du roman d'Anthony Hope Le Prisonnier de Zenda (1894), où le roi, drogué la veille de son couronnement, est remplacé par un Anglais qui lui ressemble trait pour trait, pour garder le trône face à son demi-frère. Le roman a donné son nom à tout un genre, la romance ruritanienne, peuplé de royaumes imaginaires d'Europe centrale et orientale, de complots de palais et de sosies ; en 1938, une histoire de sceptre, de conjuration et de jumeaux ne pouvait manquer de l'évoquer. La Ruritanie, contrairement à la Syldavie, n'a jamais existé que dans les romans et les films.

Absente du feuilleton, la bataille de Zileheroum, « d'après une miniature du XVe siècle », entra dans la brochure avec l'album de 1939, en pleine page et en couleurs. Pour l'édition de 1947, Hergé la redessina entièrement en se tournant vers la Perse : L'Illustration avait reproduit pour Noël 1930 des miniatures persanes des collections Vever et Pozzi, et le cavalier qui désarçonne son adversaire d'un coup de lance, comme l'archer à pied, en sont repris presque trait pour trait. Le musée Hergé conserve encore, dans son dossier « Iran », deux coupures tirées du même article.

Hergé prêta au Roi le visage d'une vedette de cinéma, et se glissa même avec Jacobs parmi la foule du Palais. L'homme qui voulait prendre le pouvoir en Syldavie n'eut jamais droit à un visage : dans l'album, Müsstler n'est qu'une signature au bas de deux ordres.

La guerre 1941–1945

Photographie en noir et blanc prise depuis un talus dominant une route de vallée : une femme en fichu et un garçon en casquette se tiennent de dos et regardent passer une colonne de camions bâchés et de charrettes attelées ; en contrebas une voie ferrée et un viaduc de pierre, et au-delà un bourg de maisons blanches avec un minaret et un clocher, sous des montagnes boisées, une rivière qui longe la vallée à droite ; le tirage est froissé et corné
Un convoi sur la route des Zmyhlpathes, sous les yeux du village, 1942

Le 8 mars 1941, la Bordurie envahit le Royaume aux côtés de l'armée allemande. Muskar XII n'abdiqua pas et ne quitta pas le pays. Il entra dans la clandestinité aux côtés de la résistance, les Geblêvn, et le sceptre resta sous sa garde. Quand la Syldavie fut libérée, le 4 mars 1945, le Roi sortit de la clandestinité avec lui.

Le second vol 2011

L’hémicycle de l’Assemblée nationale française au Palais Bourbon, à Paris
L'hémicycle de l'Assemblée nationale, Paris

En juillet 2011, autour de la Saint-Wladimir, le général Boris Stefanovitch Plekszy-Gladz, chef de l'État bordure depuis 2003, massa des troupes à la frontière syldave. Le spectre de la guerre se profila une fois encore. La tension ne retomba pas après la fête. Aux portes orientales de l'Union européenne, la situation fit redouter aux chefs d'État et de gouvernement l'apparition d'une « nouvelle Bosnie » : le 23 octobre, réunis à Bruxelles pour le Conseil européen, ils en discutèrent en marge des négociations sur la crise de la zone euro, sans parvenir à une position commune.

Deux jours plus tard, le 25 octobre, le Sceptre d'Ottokar fut volé. Or, sans lui, le roi perd le droit de régner : c'était la Couronne elle-même qui était en jeu. La nouvelle tomba alors que l'Assemblée nationale française consacrait une séance aux tensions entre les deux pays. L'enjeu y fut résumé en ces termes :

L'Europe est confrontée à deux crises, la crise économique et financière, et la tension entre la Bordurie et la Syldavie.
Reinhard Schäfers, ambassadeur d'Allemagne à Paris, à l'Assemblée nationale, 25 octobre 2011

La suite est classée secrète. Dès novembre 2011, Gérald Arboit, du Centre français de recherche sur le renseignement, replaçait l'affaire dans la longue guerre secrète opposant le SGRS belge et la ZEPO syldave à la ZEP bordure.

La solution ne vint toutefois pas des discours. Elle vint de Belgique : le SGRS et la ZEPO désamorcèrent les tensions, et le sceptre revint en Syldavie. Les circonstances exactes de sa récupération restent scellées dans les archives des deux services. Le Consulat n'a pas qualité pour en dire davantage.

Le Sceptre aujourd'hui

Chaque 15 juillet, jour de la Saint-Wladimir et fête nationale syldave, le Roi présente le Sceptre d'Ottokar au balcon du Palais royal à huit heures du matin. Le rite a survécu à l'occupation et à la constitution de 1987. Le cortège l'emmène ensuite par la ville, et la cérémonie nationale du thé et le défilé royal sont retransmis en direct.

Une foule dense, vue de dos, emplit une place ensoleillée au matin devant un palais de pierre claire au pavillon central coiffé d'un dôme, avec colonnes et fronton ; beaucoup agitent des drapeaux jaunes au pélican noir aux ailes déployées, et de longues bannières jaunes et noires pendent de la façade. Au balcon central tendu d'étoffe, parmi les dignitaires, une petite silhouette en rouge et blanc lève haut un sceptre d'or. Des téléphones sont brandis ; des hommes portent un fez rouge, d'autres un gilet brodé
La foule de la Saint-Wladimir devant le Palais royal de Klow, le Roi au balcon

Tous les consulats de Syldavie à travers le monde célèbrent la journée, Bangkok compris, où les cérémonies sont projetées sur grand écran devant des invités en tenue syldave de cérémonie : la mousson ne dispense pas du décorum (les célébrations de la Journée du Sceptre).

Le Sceptre à l'étranger

Traduit dans des dizaines de langues, Le Sceptre d'Ottokar a fait connaître la Syldavie au monde. Avant 1938, peu de gens hors des Balkans auraient su situer le Royaume sur une carte. L'affaire du sceptre l'y a placé, grâce à Hergé : de Tórshavn à Séoul, on découvre encore la Syldavie dans un album de Tintin, dans sa propre langue.

Hors du Royaume, c'est le sceptre d'Hergé que l'on connaît. Au Musée Hergé de Louvain-la-Neuve, que le Consulat a visité en 2025, l'appareil de Czarlitz est présenté dans son état d'origine, et une réplique du sceptre se trouve dans une vitrine (la visite du Consulat). La canne avec laquelle Tintin démontra comment le vol avait été commis figurait parmi les objets présentés à la 41e Journée des Amis de Hergé en 2026 (le Consulat à la Journée).

Vitrine présentant une réplique du Sceptre d'Ottokar parmi des objets liés à Tintin
Une réplique du sceptre parmi les objets du Musée Hergé

Le Trésor ne s'oppose pas aux répliques, qui ne tromperaient pas la Garde du Trésor. Les répliques exposées au Musée Hergé et au Musée imaginaire de Tintin à Spa, comme celle que tient Hergé au bas de cette page, n'ont qu'un rang de pierres sous le pélican ; le sceptre de Kropow en a deux. Moulinsart a ajouté le sceptre à sa collection « Les Icônes » (présentée sur tintin.com), et figurines, scènes et maquettes de l'affaire l'ont suivi sur les étagères des collectionneurs du monde entier. Même le restaurant des conjurés a connu une vie à l'écran : Bruno Podalydès a reconstitué le Klow, jusqu'au gilet brodé du serveur, pour Dieu seul me voit (1998).

Le pélican déploie ainsi ses ailes loin de Klow, et le Consulat en est fier. L'original demeure là où la Garde du Trésor veille sur lui depuis le règne de Muskar VII : au donjon de Kropow, jusqu'à ce que la Saint-Wladimir l'appelle de nouveau à Klow.

Hergé, souriant, en chemise sombre, tient un sceptre doré surmonté d'un pélican aux ailes déployées
Hergé, qui a porté le pélican loin de Klow