Le Consulat a appris, avec le plaisir que procure pareille nouvelle, que la communauté française de Syldavie, présente dans le Royaume de longue date, s’est dotée de ses propres représentants. Le Royaume accueille depuis longtemps les citoyens de bien des nations ; il se réjouit d’en voir une assez enracinée pour se donner une voix.

Il lit ses préoccupations avec sympathie, car ce sont celles de quiconque tient une existence à cheval sur une frontière : la scolarité des enfants, l’accès à ses droits, l’emploi, et le souci de rester relié à un pays que l’on a quitté sans tout à fait le quitter. S’y ajoutent les usages de l’administration syldave, auxquels le nouveau venu est rarement préparé : qu’une déclaration exige un témoin dûment enregistré, qu’elle soit rédigée à l’encre bleue réglementaire et nulle autre, que le bureau compétent ferme pour une fête que seul le calendrier pouvait prévoir. Non des épreuves, mais un apprentissage que la Syldavie n’épargne à aucun de ses hôtes.

Le Consulat les connaît d’expérience. Depuis Bangkok, il veille sur les Syldaves établis en Thaïlande qui, entre Klow et Krung Thep, cherchent eux aussi une école pour leurs enfants, un visa à renouveler, le fil d’une culture devenue lointaine. S’ils y trouvent une administration aussi éprise qu’à Klow du tampon et du formulaire en trois exemplaires, ils ne sont guère dépaysés : le noble art de la bureaucratie ésotérique a ses fervents des deux côtés du guichet. Il leur offre ce à quoi sert un consulat : passeports, état civil, attestations, et une oreille patiente lorsqu’un cachet se fait attendre. Ces services sont exposés en détail ici.

Que cette communauté s’organise et se donne des porte-parole ne regarde qu’elle ; le Consulat ne prend pas part à la vie politique de ses hôtes, et s’en garde. Il retient seulement qu’il n’est pas de signe plus sûr d’un pays où il fait bon vivre que le souhait d’y être compté. À la communauté française de Syldavie, le Consulat adresse ses vœux les plus cordiaux.